Costa Rica

jeudi 25 octobre 2018
par  SUD Éduc

Si on parle beaucoup du Venezuela et du Nicaragua, pays comme par hasard avec des gouvernements socialistes, on parle moins des pays sous « tutelle » nord américaine et pourtant...

Quelques chiffres :

La dernière étude de l’INEC (Institut national des statistiques et recensements) conclut que le taux de pauvreté a augmenté cette année atteignant 21,1% de la population (1 142 069 personnes environ), alors qu’il était de 20% en 2017 et de 20,5% en 2016. Cette détérioration dans les niveaux de pauvreté est surtout attribuée à la baisse (-11,4%) des revenus des travailleurs indépendants. Le taux de pauvreté extrême (cas des familles dont les revenus ne couvrent pas les besoins alimentaires de base) est passé de 5,7% en 2017 à 6,3% cette année. La Nación, Diario Extra, CRHoy, 19/10 ; La República, 23/10 ; Semanario Universidad, 24/10

Les leaders syndicaux ont refusé l’appel à la levée de la grève fait par Edgar Mora, ministre de l’Éducation publique. La grève, suspendue dans d’autres secteurs, reste depuis 39 jours auprès des enseignants. Environ 200 professeurs - sur plus de 500 ayant voyagé en dehors du pays après avoir rejoint le mouvement de grève - s’exposent au licenciement. La República, Diario Extra, La Nación, Semanario Universidad, 17-18/10

Le Costa Rica est entré dans sa sixième semaine de grève de certains secteurs publics, vent debout contre un projet de réforme fiscale prévoyant des hausses d’impôts, tandis que les députés ont commencé à en débattre.

Le mouvement, commencé il y a 6 semaines avait été fortement suivi :

"Le secteur de l’éducation —des écoles primaires à l’université— ainsi que les hôpitaux publics ont été particulièrement touchés par l’appel à la grève des syndicats.

Le reste des services publics fonctionne peu ou prou normalement, mais des barrages routiers mis en place par des militants entravent la distribution du carburant et des marchandises, y compris à l’international, et affectent le tourisme.

Les pompes de nombreuses stations services du pays, et notamment dans la capitale, se retrouvent à sec en raison des blocages des installations de l’entreprise pétrolière publique Recope. Par ailleurs des chauffeurs de camions-citernes, mettant en avant les risques de violences, ont décidé d’arrêter le travail.

La grève a même été émaillée d’incidents violents, de pillages et d’allégations de sabotages, notamment dans les installations portuaires de Limon, sur la côte caraïbe, et sur des oléoducs.

Le gouvernement et Recope ont dénoncé lundi le "sabotage" d’un oléoduc de telle manière que plusieurs milliers de litres de diesel se répandent sur une autoroute très fréquentée vers la côte pacifique.

Le gouvernement a décidé lundi de faire charger la police anti-émeutes contre des manifestants qui bloquaient l’accès au port de Moin (côte caraïbe, près de Puerto Limon), stratégique pour le commerce international du pays.

Depuis le début de la grève, des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes, dans la capitale San José, mais également dans d’autres villes de ce pays de quelque 5 millions d’habitants.

La grève, entamée le 10 septembre pour une durée indéfinie, devrait se poursuivre, car les syndicats ont rejeté la proposition du président Carlos Alvarado, en fonction depuis le 8 mai dernier, d’un dialogue sous les auspices des évêques catholiques et des recteurs d’universités.

- Tourisme en baisse -

Le secteur touristique, vital pour ce petit pays tropical, commence à être affecté, a déploré ce week-end la Chambre des hôteliers en faisant état de nombreuses annulations de réservations et d’une baisse de la fréquentation touristique.

Un bateau de croisière venant du Mexique avec plus de 3.000 touristes à bord a poursuivi sa route lundi vers le Panama, sans faire escale comme prévu à Puntarenas (côte pacifique) car les excursions programmées pour ses passagers ne pouvaient pas être assurées en raison des blocages de routes.

"Le gouvernement doit faire respecter la loi, lever les barrages routiers, qui sont par nature illégaux, et garantir ainsi la libre circulation des citoyens et des milliers de touristes qui souhaitent jouir des merveilles du Costa Rica", a réclamé l’organisation professionnelle dans un communiqué.

Les grévistes exigent le retrait du projet de réforme fiscale qui vise, plaide le gouvernement, à contenir le déficit public. Celui-ci a atteint en 2017 6,2% du PIB et pourrait atteindre 7,2% en 2018 sans nouvelles recettes.

La présidente de l’Assemblée législative (Parlement unicaméral) a convoqué pour lundi les 57 députés afin de débattre en session plénière du projet, dont la mesure la plus contestée prévoit d’étendre aux services la taxe de 13% sur la valeur ajoutée.

Le projet de réforme est "polémique, il est impopulaire, mais il est juste", a martelé samedi le président costaricien à l’occasion des festivités célébrant l’anniversaire de l’indépendance des pays d’Amérique centrale.

Les syndicats reprochent au texte de faire peser la charge de l’augmentation de l’impôt sur les plus défavorisés, mais le président a assuré que celle-ci « serait » en réalité supportée à 80% par la frange des 20% des Costariciens les plus aisés."