Hong Kong

dimanche 1er septembre 2019
par  SUD Éduc

Chaos engulfed the heart of Hong Kong late Saturday, as police fired tear gas and water cannon at pro-democracy protesters who defied a ban on rallying, set fires, and hurled petrol bombs in some of the most intense clashes in months.

Police had banned the demonstration on security grounds, and on Friday arrested several key activists and legislators in a dragnet on pro-democracy figures.

But on Saturday afternoon tens of thousands of protesters under a colourful canopy of umbrellas — many in their signature black T-shirts — defied the order and marched through Hong Kong island chanting "reclaim Hong Kong, revolution of our times".

As evening fell, violence ricocheted through the city’s commercial centre, with a minority of hardcore protesters unleashing a barrage of petrol bombs and rocks at riot police.

Thick, black smoke swirled from a large fire started by masked demonstrators at a barricade on a major thoroughfare, close to Hong Kong police headquarters.

The fire was extinguished as demonstrators were pressed into the neon-lit shopping hub of Causeway Bay, under a hail of tear-gas rounds and sporadic firing of rubber bullets.

Police — some undercover, dressed as protesters — made numerous arrests as the night deepened into a cat-and-mouse chase across the city.
AFP / Lillian SUWANRUMPHA The months-long protests were sparked by an attempt by Hong Kong’s Beijing-backed government to pass a bill which would have allowed extradition to China

Ryan, a 19-year-old protester, needed first aid after he was hit by what he believed to be a rubber bullet.

"I needed an ice pack for the wound," Ryan told AFP. "But I feel ok, think I will continue the fight tonight," he said.

Video on social media showed people — believed to be protesters — being arrested en masse inside a train carriage at a metro station as they left demonstrations. Police later confirmed the arrest of "radical protesters" at two city stations.

The months-long protests were sparked by an attempt by Hong Kong’s Beijing-backed government to pass a bill which would have allowed extradition to China.

But they have expanded into a wider pro-democracy push and a rejection of attempts by Beijing to curtail the freedoms of the semi-autonomous territory.

Earlier on Saturday, police fired a water cannon and rounds of tear gas to disperse protesters massed in front of the city’s parliament, known as the Legislative Council (LegCo), which was stormed in July during the early days of the protest movement.

"Peaceful protest doesn’t work," 22-year-old demonstrator Stone told AFP, giving one name.

As protesters streamed into a nearby metro, graffiti on a pillar inside the station read : "We shall never surrender."

- ’Now or never’ -

Xinhua, Beijing’s state media service, posted a video on Twitter late Saturday of armed Chinese riot police holding "anti-riot drills in Shenzhen", a city which borders Hong Kong.

It was the latest salvo in a campaign of intimidation aimed at protesters in the southern city.

Beijing has also unleashed a mix of propaganda and economic muscle in an attempt to constrict the movement, which it views as a direct challenge to its rule.

Opposition to the extradition bill — now suspended but not permanently withdrawn — has brought much of Hong Kong to the streets, with millions marching peacefully but also groups of radical protesters clashing with police.

Protesters were in a defiant mood throughout Saturday, which marked the fifth anniversary of Beijing’s rejection of a call for universal suffrage for Hong Kong that sparked the 79-day "Umbrella Movement" in 2014.

Many demonstrators are determined not to let the new movement fizzle out like the Umbrella protests did.

"It’s ’now or never’ for Hong Kong," said a 33-year-old accountant who gave her surname as Wong.

"I’m a mother-of-two. They didn’t come today but their grandmother did. We’re defending the right of assembly for the next generation in Hong Kong."
AFP / Lillian SUWANRUMPHA This protester outside of Hong Kong’s Legislative Council uses an extra-strength slingshot to launch a brick

Hong Kong police said in a statement that "radical protesters" threw "corrosives and petrol bombs" at officers, "posing a serious threat to the safety of everyone".

At least five high-profile activists and three lawmakers were arrested on Friday in a sweep that rights groups said was taken directly from Beijing’s playbook.

Two of the Umbrella Movement’s leaders, Joshua Wong and Agnes Chow were among those arrested, charged and bailed for "inciting others to take part in unauthorised assembly".

Police denied the sweep was timed specifically to weaken the weekend’s protests.

More than 900 people have been arrested since June in connection to protests.

The European Union’s diplomatic chief Federica Mogherini said the developments were "extremely worrying", while US President Donald Trump said his economic pressure on China was forcing Beijing to take a more moderate line on Hong Kong.

The weeks of violence have damaged Hong Kong’s reputation for stability and prosperity.

In an attempt to sidestep Saturday’s protest ban, crowds earlier sang "Hallelujah" in religious gatherings — which do not require the same stringent permission from authorities.

Hong Kong : les manifestants affrontent la police

Malgré la pluie et l’interdiction de la manifestation par la police, plusieurs dizaines de milliers de manifestants, vêtus de noir, de casques et de masques à gaz, ont défilé samedi 31 août dans différents quartiers de Hong Kong après une vague d’arrestations de militants prodémocratie.
Pour contourner cette interdiction, des appels avaient été lancés à organiser sur l’île des rassemblements religieux, qui ne nécessitent pas les mêmes autorisations. Un autre groupe s’est retrouvé dans le quartier très commerçant de Causeway Bay, bondé comme tous les samedis.
Pour ce treizième week-end de mobilisation, la marche est restée pacifique dans la journée selon les correspondants du Guardian, avec des familles et des personnes âgées.
Mais la répression policière s’est abattue en fin d’après-midi, quand un petit groupe de radicaux a attaqué avec des pierres et des cocktails Molotov des policiers disposés autour du complexe gouvernemental hongkongais. Il abrite notamment le conseil législatif (LegCo), le « Parlement » local qui avait été mis à sac le 1er juillet.
Les manifestants ont brièvement réussi à enfoncer les barrières protégeant le centre gouvernemental avant d’être repoussés. Un camion à eau a tiré en leur direction des jets bleus, une façon d’identifier les protestataires pour les interpeller. La police a tiré de grandes quantités de lacrymogènes depuis le complexe gouvernemental, saturant la rue de gaz.

Selon l’AFP, les manifestants se sont ensuite déplacés et ont incendié une énorme barricade constituée de sièges arrachés sur les gradins d’un terrain de sport, près du quartier général de la police, dans le secteur de Wan Chai (centre). Les flammes ont été éteintes au bout d’une demi-heure.

Ce qui n’a, selon le Guardian, pas intimidé les manifestants. « Si nous arrêtons maintenant, seule la répression nous attend », a dit au quotidien britannique Sonny Lai, 21 ans, un manifestant portant protections, masque à gaz et gants. Dans un climat de plus en plus tendu samedi soir, les policiers spécialisés dans le maintien de l’ordre se sont positionnés le long des routes principales et des hélicoptères ont patrouillé. Dans le métro, des habitants ont laissé des vêtements propres pour permettre aux manifestants touchés par la peinture bleue de la police de se changer.

Plusieurs vidéos amateures montrent des policiers déguisés en manifestants ; sur l’une d’elles, on les voit interpeller violemment un manifestant en l’étranglant sur le sol. Sur une autre vidéo, on voit la police spécialisée se ruer dans le métro et frapper au hasard des passagers, créant une véritable panique.

L’escalade policière semble donc se poursuivre, après trois mois de contestation et la pire crise politique depuis la rétrocession à la Chine de ce territoire en 1997. Partie de l’opposition à un projet de loi qui autoriserait des extraditions vers la Chine, la contestation a élargi ses revendications à la dénonciation de l’influence grandissante de la Chine sur sa région semi-autonome et au recul des libertés. Ce 31 août, les manifestants voulaient marquer le cinquième anniversaire du refus par Pékin d’organiser des élections au suffrage universel à Hong Kong. Cette décision avait été le déclencheur du Mouvement des parapluies de 2014, marqué par 79 jours d’occupation du cœur financier et politique de la ville.

Mais la police avait justifié l’interdiction de manifester en rappelant les échauffourées de dimanche dernier, parmi les plus graves depuis le début de la contestation en juin. Le dimanche 26 août, la police avait pour la première fois fait usage de canons à eau pour disperser les manifestants (voir le portfolio de Rémy Soubanère, qui a suivi les affrontements durant tout le week-end). Un premier tir à l’arme à feu contre les contestataires avait été effectué par les forces de l’ordre. Au total, plus de 900 personnes ont été interpellées depuis juin.

Pékin, qui ne veut pas entacher sa célébration du 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, prévue le 1er octobre, pousse les autorités hongkongaises à refuser toute concession et à multiplier les interpellations. Selon le New York Times, le gouvernement de Hong Kong a déclaré samedi qu’il ne rouvrirait pas les négociations sur les propositions faites pour augmenter la démocratie, malgré des revendications réclamant un système « une voix, un vote » et l’absence d’interférence de Pékin dans les affaires de Hong Kong. « Se lancer dans une réforme politique polariserait encore plus la société, ce qui serait un acte irresponsable », a indiqué le gouvernement de Hong Kong.