Victoire au Bangladesh : arrêt des poursuites contre des travailleur-se-s qui avaient manifesté pour l’augmentation du salaire minimum

samedi 26 octobre 2019
par  SUD Éduc

Ils ont été des centaines de milliers à se mobiliser, en 2018 et 2019, suite à l’annonce d’une augmentation dérisoire du salaire minimum, un des plus faibles au monde. Les ouvrier-e-s de l’habillement poursuivi-e-s par les propriétaires de deux usines (Shin Shin et une du groupe Hameem) pour avoir manifesté ont vu les accusations contre eux abandonnées suite au retrait des plaintes qui les visaient. C’est une victoire pour les travailleur-se-s mobilisé-e-s pour l’augmentation du salaire minimum au Bangladesh.

Face à cette mobilisation d’ampleur, les gérants d’usines de confection et le gouvernement bangladais, main dans la main, ont fait subir aux ouvrier-e-s une répression sans précédent : un manifestant a été abattu, des dizaines ont été blessé-e-s dans les rues par la police, près de 12000 licencié-e-s ou mis-es sur listes noires de 104 usines, 65 arrêté-e-s et emprisonné-e-s et des centaines d’autres ont fait l’objet de représailles sous la forme d’accusations inventées de toutes pièces par leurs patrons, ayant donné lieu à des poursuites judiciaires.

Le Collectif Ethique sur l’étiquette et son réseau international Clean Clothes Campaign se sont mobilisés pendant l’année 2019 en soutien à ces ouvrier-e-s menacé-e-s dans l’exercice de leurs droits fondamentaux, en dénonçant publiquement la forte répression créée par la collusion entre l’Etat et les patrons d’usine et en appuyant leurs revendications, exigeant du gouvernement du Bangladesh l’instauration d’un salaire minimum dans le secteur qui permette un niveau de vie décent. Face au silence des marques comme H&M, Zara, Mango et Primark, clientes des usines ayant porté plainte contre ces travailleur-se-s qui avaient protesté pacifiquement contre leurs salaires de misère, nous les avons interpellées, comme des milliers de citoyen-ne-s, pour qu’elles fassent face à leur responsabilité de donneurs d’ordre et demandent à leurs fournisseurs de retirer leur plainte.

Grâce à la pression des ONG, des syndicats et des travailleur-se-s au Bangladesh, des organisations internationales et des citoyen-ne-s, les ouvrier-e-s connaissent une première victoire. Leurs droits à un salaire vital et à manifester doivent être garantis.

D’autres usines doivent désormais faire de même. La solidarité internationale est notre meilleure arme pour soutenir les travailleurs qui luttent pour leurs droits fondamentaux. Restons mobilisés jusqu’à ce que toutes les plaintes soient abandonnées contre les ouvrier-e-s qui manifestent pacifiquement pour leurs droits.