Parcoursup : un rapport préconise le retour à la hiérarchisation des vœux

mercredi 16 janvier 2019
par  SUD Éduc

Comme vous pourrez le constater, les rapports servent surtout à justifier les décisions prises à l’avance et non pas à prendre en compte des avis divers en vue d’éventuelles modifications.
Une preuve de plus avec les mesures préconisées "écartées d’office". Au fait ça coûte combien un rapport et... qui les fait ?

Par AFP agence • Wally Bordas • Publié le 16/01/2019 à 10:32
« Le système a ses grandeurs incontestables. Il a aussi ses faiblesses qui devront être corrigées », écrivent les auteurs du rapport. Crédits photo : ERIC FEFERBERG/AFP

Le comité éthique et scientifique de Parcoursup a rendu son rapport sur le fonctionnement de la plateforme d’orientation. Rendu public ce mercredi 16 janvier, celui-ci propose de nombreuses pistes d’amélioration de la plateforme.

À quelques jours de l’ouverture de Parcoursup, le rapport du comité éthique et scientifique sur la plateforme d’orientation vient d’être publié par le ministère de l’Enseignement supérieur. Ce document de 160 pages a été rédigé par un comité présidé par l’ancienne ministre Noëlle Lenoir et composé de six membres issus d’horizon divers, parmi lesquels Gérard Berry, Max Dauchet, Julien Grenet, Laure Lucchesi et Catherine Moisan.
Un système qui a « ses grandeurs » et « ses faiblesses »

Parcoursup, qui a remplacé l’an dernier APB, « a eu le grand avantage de permettre une personnalisation des décisions d’affectation des candidats », écrivent les auteurs du rapport. « Le système a ses grandeurs incontestables. Il a aussi ses faiblesses qui devront être corrigées », poursuivent-ils, en se gardant d’exprimer « un jugement définitif sur ce système particulièrement innovant ». Ils soulignent notamment les délais d’attente, « sujet de préoccupation des candidats », qui a nourri beaucoup de stress l’été dernier et a pu « créer un biais social et territorial ».

Pour y remédier, ils évoquent un possible retour à une « hiérarchisation des vœux après le baccalauréat », qui permettrait d’affecter « la plus grande partie des candidats sur leur vœu préféré parmi les vœux possibles ». Cette possibilité a d’ores et déjà été écartée par la ministre Frédérique Vidal : le fait de ne pas classer les vœux permet en effet, selon elle, d’éviter l’autocensure dans l’expression des choix. Pour résoudre les problèmes de lenteur du processus, elle a récemment annoncé un calendrier resserré.

Favoriser la mobilité géographique en rééquilibrant les quotas

Autre piste d’amélioration : une réflexion sur les quotas boursiers. « La fixation de pourcentages minimaux de boursiers constitue un progrès important » pour réduire les inégalités sociales dans l’accès à l’enseignement supérieur, reconnaît le rapport. Pour autant, « la loi a été interprétée de manière diverse d’une formation et d’une académie à une autre », soulignent ses auteurs. Ils déplorent notamment qu’aucun quota n’ait été fixé pour les formations offertes par les établissements privés.

Par rapport à APB, Parcoursup devait aussi permettre une plus forte mobilité géographique, en instaurant des quotas de « non-résidents », qui ouvrent un certain nombre de places aux candidats extérieurs à l’académie de la formation demandée. Or, force est de constater que cet objectif « n’a pas été réellement atteint », notamment en Ile-de-France, soulignent les auteurs.

Le rapport constate en effet que la proportion d’admis à Paris parmi les candidats de Créteil et Versailles n’a pas augmenté en 2018, voire a légèrement diminué par rapport à 2017. Les membres du comité proposent de « mieux rééquilibrer les quotas » à l’avenir.